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samedi, 01 décembre 2012

Le souvenir de "La jeune captive" d'André Chénier se trouve aussi à Carcassonne...

La belle captive (1).jpg
Aimée de Franquetot de Coigny

Duchesse de Fleury puis comtesse de Montrond
(1769-1820)
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Rendue célébre par le poème que lui a dedié
André Chénier
(1762-1794)
écrit avant sa mort à la prison de Saint-Lazare,
où elle l'a cotoyé pendant quatre mois,
Aimée de Coigny
est aujourd'hui présente à
Carcassonne
dans deux endroits :
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Au Musée des beaux-arts de Carcassonne
se trouve une version du célèbre tableau de
Charles Louis Muller
(1815-1892)
intitulé
"L'appel des dernières victimes de la terreur à la prison St-Lazare
à Paris les 7-9 thermidor an II ".
Aimée de Coigny figure au premier plan aux côtés du poéte.
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A la gauche d'André Chenier, agenouillée, Aimée de Coigny.
La belle captive (2).jpg
Ce tableau est visible au 1er étage du Musée des beaux-arts dans la salle 4,
consacrée à
André Chénier, Fabre d'Eglantine et aux souvenirs napoléoniens.
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Au rez-de-chaussée de l'Hôtel de Rolland on peut voir également à droite
  sous l'escalier conduisant au 1er étage, la statue de
Pierre Hebert
(1804-1869)
réalisée en 1859,
dénommée
"La jeune captive".
La belle captive (6).jpg
Elle provient de l'ancienne mairie, située à l'angle des rues
Courtejaire et Ramond.
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Voici le poéme d'André Chénier:
"La jeune captive"
méditation sur la prison et la mort

L’épi naissant mûrit de la faux respecté;
Sans crainte du pressoir, le pampre, tout l’été
Boit les doux présents de l’aurore;
Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui,
Quoi que l’heure présente ait de trouble et d’ennui,
Je ne veux pas mourir encore.

Qu’un stoïque aux yeux secs vole embrasser la mort :
Moi je pleure et j’espère. Au noir souffle du nord
Je plie et relève ma tête.
S’il est des jours amers, il en est de si doux !
Hélas ! quel miel jamais n’a laissé de dégoûts ?
Quelle mer n’a point de tempête ?

L’illusion féconde habite dans mon sein.
D’une prison sur moi les murs pèsent en vain,
J’ai les ailes de l’espérance :
Échappée aux réseaux de l’oiseleur cruel,
Plus vive, plus heureuse, aux campagnes du ciel
Philomèle, chante et s’élance.

Est-ce à moi de mourir ? Tranquille je m’endors,
Et tranquille je veille, et ma veille aux remords
Ni mon sommeil ne sont en proie.
Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux ;
Sur des fronts abattus, mon aspect dans ces lieux
Ranime presque de la joie.

Mon beau voyage encore est si loin de sa fin !
Je pars, et des ormeaux qui bordent le chemin
J’ai passé les premiers à peine.
Au banquet de la vie à peine commencé,
Un instant seulement mes lèvres ont pressé
La coupe en mes mains encor pleine.

Je ne suis qu’au printemps, je veux voir la moisson ;
Et comme le soleil, de-saison en saison,
Je veux achever mon année.
Brillante sur ma tige et l’honneur du jardin,
Je n’ai vu luire encor que les feux du matin ;
Je veux achever ma journée.

O Mort! Tu peux attendre; éloigne, éloigne-toi ;
Va consoler les cœurs que la honte, l’effroi,
Le pâle désespoir dévore.
Pour moi Palès encore a des asiles verts,
Les Amours des baisers, les Muses des concerts ;
Je ne veux pas mourir encore.

Ainsi, triste et captif, ma lyre toutefois
S’éveillait, écoutait ces plaintes, cette voix,
Ces vœux d’une jeune captive;
Et secouant le faix de mes jours languissants,
Aux douces lois des vers je pliai les accents
De sa bouche aimable et naïve.

Ces chants, de ma prison témoins harmonieux,
Feront à quelque amant des loisirs studieux
Chercher quelle fut cette belle.
La grâce décorait son front et ses discours,
Et, comme elle, craindront de voir finir leurs jours
Ceux qui les passeront près d’elle.
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Portrait d'André Chénier
Anonyme
Don de la Société des Arts et Sciences de Carcassonne en 1894.
Musée des beaux-arts de carcassonne
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Sauvée de la guillotine par la chute de Robespierre,
Aimée de Coigny
reprend sa place dans la société et devient une brillante femme de lettres.
Elle décède à 51 ans le 17 janvier 1820,
et repose depuis au cimetière du Pére-Lachaise,
(10éme division-8e ligne-AA-19).
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Photo: appl-lachaise.net

Photos: Chroniques de Carcassonne
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A lire, la plaquette signée
Claude Marquié
éditée par la ville de Carcassonne
pour le 250éme anniversaire de sa naissance:
"André Chénier, un carcassonnais né à Constantinople"

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